L’IMEP-LAHC signe un premier laboratoire commun avec l’industriel LYNRED
Porté par le CNRS, un contrat de laboratoire commun entre le spécialiste français des détecteurs infrarouges LYNRED et le laboratoire IMEP-LAHC (Grenoble), vient d’être signé pour une durée de cinq ans.
Pour mieux comprendre la physique des composants des capteurs infrarouges refroidis, LYNRED, acteur français de rang mondial dans ce domaine, s’est rapproché de l'Institut de microélectronique, électromagnétisme et photonique - laboratoire d'hyperfréquence et de caractérisation (IMEP-LaHC : CNRS / UGA / Grenoble INP - UGA / USMB). Le rapprochement s’est concrétisé après deux ans de discussions par la création toute récente d’un laboratoire commun entre les deux partenaires pour une durée de 5 ans. « C’est le premier laboratoire commun que nous signons avec un industriel au laboratoire, se félicite Quentin Rafhay, chercheur à l’IMEP-LaHC qui a pris la direction de la nouvelle entité. Par ailleurs, nous sommes le premier partenaire académique avec lequel LYNRED signe un contrat de ce type. Nous les connaissions pour avoir déjà mené deux thèses en collaboration avec eux. »

Concrètement, le laboratoire va mettre à profit son expérience en caractérisation électrique des composants pour mieux comprendre ce qu’il s’y passe au niveau physique. Pour cela, les scientifiques s’appuieront sur des méthodes de caractérisation avancée (spectroscopie des niveaux profonds DLTS, bruit basse fréquence…), sur le développement de nouvelles méthodes de caractérisation et sur de la modélisation. « La caractérisation électrique des composants, tels que les photodiodes, va permettre de poser un diagnostic précis sur leur fonctionnement et d’agir en connaissance pour améliorer leurs performances. »
Les principaux marchés des détecteurs infrarouges développés par LYNRED sont l’aérospatial, la défense, l’industriel ainsi que le grand public. Actuellement, les capteurs infrarouges refroidis doivent être abaissés en température par un cryostat également intégré pour être opérationnels. « Si l’on parvenait à mieux comprendre les mécanismes en jeux dans ces composants et donc à augmenter leur température de fonctionnement, on pourrait diminuer la taille, le poids et la consommation du système entier, » nous confie Laurent Rubaldo, expert senior et responsable du laboratoire commun côté LYNRED.
En attendant d’atteindre le Graal de l’industrie de l’infrarouge refroidi, ce laboratoire commun est une belle reconnaissance des compétences de l’IMEP-LaHC et une nouvelle façon de collaborer avec l’industrie pour ce dernier.
Cet article a été rédigé par Grenoble INP. Ce projet de laboratoire commun a été porté et contractualisé par le service valorisation du CNRS Alpes.